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 ADJABI Abdelmadjid , lenfant fougueux de Guelma

   
nadjahfaiza



: 12
: 21/10/2010

: ADJABI Abdelmadjid , lenfant fougueux de Guelma    19, 2010 2:27 am

Algrie-histoire-hommage : ADJABI Abdelmadjid , lenfant fougueux de Millsimo



Kabylienews se propose , l'occasion de l'anniversaire d'un venement historique , de vous retracer l'itinraire de Adjabi Abdelmadjid , un enfant de Guelma.Cet itinraire , intimement li au mouvement national puis la Rvolution , est celui d'un homme particulirement fougueux qui a mis cette fougue au service de son pays. Suivez nous!

Le rcit

Le 5 mai 1928, dans une famille trs aise de Guelma, dans la localit de Millsimo , pas trs loin d'Hliopolis , vient au monde Adjabi Abdelmadjid dit Abdallah, fils de Rabah et de CH. Guidoum.
Il est fils unique.
Rien , a priori , ne le prdestine ce fabuleux itinraire qui sera le sien.
Enfant choy par son pre, Abdelmadjid suit d'abord sagement un cursus scolaire qui sera couronn par le certificat dtudes primaires . Plutt que d'aller au collge, il entre en politique: il n'a que quinze ans et le voici dj au Parti du Peuple Algrien.
C'est dans la cellule de Assani Allaoua et Aubad Saci qu'il s'veille au nationalisme et l'action partisane.Nous sommes en 1943.
Deux annes se passent .Et c'est dj le 8 Mai 1945.
Abdelmadjid est l , Guelma , dans ce cortge qui s'branle pacifiquement pour rclamer le droit l'indpendance du peuple algrien et la libration des dtenus politiques , mots d'ordre des Amis du Manifeste dont fait partie le PPA.
Au niveau de la gendarmerie , Achiary , le sous prfet , fait arrter le cortge et demande parler un reprsentant des manifestants.
Un jeune-Ouartsi- sort des rangs pour engager la discussion .
Achiary laisse tomber sa casquette.Il se baisse pour la ramasser.Et tout se prcipite: les soldats tirent des coups de sommation.Ils sont relays par les gendarmes qui tirent sur la foule. Et c'est la boucherie . Abdelmadjid y chappe de justesse.
Il sera arrt nanmoins trois reprises avec Hassani Chrif de Biskra . Celui ci n'en rchappera : il sera excut.
Il n'est plus question de rester Guelma o les fours chaux de Millsimo accomplissent leur innommable besogne.Il faut partir.Mais o ?

Evidemment, quand on a fait partie de ce cortge , quand on a vu la boucherie laquelle on a soi mme chapp in extrmis , on n'a qu'une ide fixe : partir l o
on peut acqurir les moyens de la vengeance , les moyens de chasser les assassins, d'en finir dfinitivement avec les Achyari, d'exterminer la vermine coloniale.
Il faut donc apprendre, son corps dfendant, comment donner la mort aux intrus puisque cela s'avre ncessaire pour sauvegarder la vie des siens.
Abdelmadjid pense d'abord se rendre au Pakistan. Il a appris qu'on pouvait y apprendre le mtier des armes.
C'est Khalil Mokhtar , un jeune de Khenchla qui lui fera changer d'avis.Venu rendre visite de la famille Guelma , Mokhtar se lie d'amiti avec Abdelmadjid. Il
lui parle de Tunis.Il lui parle de la Zitouna o il poursuit ses tudes.
Va pour Tunis! Va pour la Zitouna! Et voil donc notre hros qui dbarque en Tunisie. Nous sommes en 1946.
Commence alors, pour Adjabi, une priode relativement calme qu'il consacre aux tudes dans la prestigieuse Zitouna et l'action politique en milieu
estudiantin. Dans le microcosme algrien de Tunis il dcouvre la chaleur de l'amiti, le sens de la solidarit et l'esprit de fraternit.
Il en va ainsi jusqu'en 1951. La dcouverte , en mars 1950 , de l'Organisation Spciale, organisation clandestine mise en place par le Parti du Peuple Algrien en
vue de l'action arme pour la libration du pays, entraine une rpression coloniale terrible qui met sur le chemin de l'exil de nombreux cadres du PPA.
Une grande partie de ces cadres se retrouve Tunis . Il faut les prendre en charge en charge.
Sollicit par Abdelhamid Mehri, responsable des tudiants algriens, Abdelmadjid Adjabi accepte volontiers de s'occuper de certains d'entre eux, vu que sur le
plan financier, grce la gnrosit de son pre, il est l'aise.

Le groupe dont s'occupe Abdemadjid se compose de:
-Djehaiech , originaire de Khenchla
-Noureddine SOUAI , tailleur de son tat et accessoirement foot-balleur Tebessa
-Bendjeddou Mohamed , de Tbessa.
Ce dernier , qui tait recherch depuis le dmantlement de l'OS , sera arrt par la police devant le restaurant tenu par un certain Mohamed Tayeb Archi
frquent par les tudiants.En vertu de quoi cette arrestation est-elle opre?
Depuis le 12 Mai 1881 date de la signature du trait du Bardo la Tunisie est sous protectorat franais.Le rgime du protectorat est aggrav par les conventions de
la Marsa qui accordent la France le droit d'intervenir dans la politique extrieure , la dfense et les affaires intrieures de la Tunisie ce qui explique l'arrestation de
Bendjeddou. Les Franais font absolument ce qui leur plait en Tunisie.
Abdelmadjid Adjabi achve son cursus la Zitouna.Il obtient son Ahlya.
L'anne 1953 s'engage.
Elle s'engage mal pour les Algriens qui dcouvrent , bahis, que le Parti qu'ils avaient port aux nues et en qui ils avaient fond tant d'esprances, est min par
des rivalits.Il se scinde bientt en deux:
Il y a , d'une part , les Messalistes , les militants fidles au vieux leader du PPA/MTLD (PARTI DU PEUPLE ALGERIEN/MOUVEMENT POUR LE
TRIOMPHE DES LIBERTES DEMOCRATIQUES) et de l'autre les Centralistes (membres du comit central du Parti) qui prennent leurs distances par rapport au
Zam .
Qui a tort , qui a raison?
Et finalement , qui suivre ? tel est est le douloureux dilemme pour tous.
Comment ragira ADJABI ?
H bien! Il ira voir l'incontournable Mehri.

Ce qu'il va dire Abdelhamid Mehri c'est qu'il veut changer d'air , qu'il veut se rendre au Caire, qu'il souhaite s'inscrire l'acadmie militaire et que pour cela il a besoin d'une recommandation pour l'Emir Abdelkrim El Khattabi.
Qui est cet homme?
C'est assurment un Hros maghrbin. Un des plus grands.Voyez plutt!
N en 1882 Ajdir , au Maroc, il combat l'occupant espagnol ds 1915. A la bataille d'Anoual il fait subir aux troupes espagnoles une dfaite humiliante.
L'Espagne y perd 16 000 soldats , 24 000 blesss ,150 canons et 25 000 fusils. 700 soldats espagnols sont en outre faits prisonniers.
En 1922 il proclame la Rpublique Confdre des Tribus du Rif vnement qui soulve l'enthousiasme en Afrique du Nord et a un retentissement international considrable.
La France joint bientt ses forces celles de l'Espagne pour venir bout du Rifain. Abdelkrim se battra contre deux armes ligues contre lui, l'une franaise dirige par Philippe Ptain et comprenant 200 000 hommes et l'autre espagnole commande par Miguel Primo de Rivera soit en tout 450 000 soldats.
Dfait, l'Emir sera exil, en 1926 , La Runion. Il y vit jusqu'en 1947, date laquelle il est autoris s'installer en France. Il embarque bord d'un bateau qui fait escale Suez. L'Emir profite de cette escale pour s'chapper. Il finira sa vie en Egypte o il prsidera le Comit de Libration pour le Maghreb arabe.
C'est en Septembre 1953 que Adjabi , muni d'un passeport et d'un million de francs que lui envoie son pre de Guelma, muni aussi d'une lettre de recommandation de Mehri l'attention de l'Emir Abdelkrim, s'envole pour Le Caire. Il fait escale Tripoli o il rencontre des proches du Roi Idriss de Libye. Il y rencontre aussi un Algrien qu'il ne connait pas et qui va poursuivre le voyage avec lui.

Cet Algrien c'est Ben Bella , un des hommes cls du mouvement national et de la guerre de libration.
Arriv au Caire, Adjabi demande Ben Bella de lui indiquer comment faire pour se rendre au Bureau du Maghreb Arabe o il a rendez vous avec l'Emir Abdelkrim. Ben Bella lui rpond qu'il s'y rend lui mme. Les deux hommes font donc le chemin ensemble.
Parvenus au Bureau , Adjabi remet son passeport son accompagnateur qui le prsente :
-Mohamed Khider
-Hocine At Ahmed
-Amar Haddadi
Ben Bella, Khider, Ait Ahmed, Haddadi ont en commun tous les quatre d'avoir fait partie de l'Organisation Spciale (OS). Ils ont tous les quatre particip, un titre ou un autre, au fameux hold up de la poste d'Oran (Avril 1949) qui devait renflouer les caisses de l'Organisation.
Abdelmadjid Adjabi, entre comme prvu, l'acadmie militaire gyptienne.Mais il y reste peu de temps.
Il prfre poursuivre sa formation en Irak.Il lui faut , pour cela un visa pour Bagdad.
C'est At Ahmed qui l'accompagnera l'ambassade d'Irak au Caire.
Bien que la trotte faire soit longue At Ahmed l'y mnera pied deux reprises . Il lui fera emprunter aussi deux itinraires diffrents. La mfiance de Dda l'Hocine , comme vous voyez, remonte loin!! (A suivre)

Cette mfiance est d'ailleurs parfaitement justifie puisque Adjabi se rend compte que les services de renseignements de l'ambassade de France ne le lchent pas d'une semelle et ce depuis qu'il a franchi le seuil du Bureau du Maghreb. Contre l'avis de Ben Bella il se rend cette ambassade o il fulmine contre un fonctionnaire lui disant comme a qu'il ne comprenait pas pourquoi on le filait. Je ne suis qu'un petit tudiant en droit fait-il avec aplomb.
Le visa pour l'irak en poche, le nom de son contact -Fadhel Djamali- , donn par Ben Bella, bien rang dans sa mmoire, Abdelmadjid ADJABi dbarque , le coeur lger , Baghdad. Il s'offre le luxe de descendre l'htel Smiramis. Un palace.
Au deuxime jour de son arrive , il retrouve un ami , Ali Chekiri, tudiant en droit l'Arab Mission House.
Ali dconseille tout de suite Abdelmadjid de s'attarder au Smiramis et lui donne l'adresse d'un htel pouilleux o les punaises voraces festoient aux dpens des locataires. Il lui apprend que lui mme loge Dar el Baatha, o il partage une piaule avec Youcef Fethallah ( le futur prsident de la Ligue Algrienne des droits de l'Homme qui sera assassin durant la dcennie rouge , plus exactement le 18 juin 1994, devant la porte son cabinet professionnel , Rue Ben M'Hidi).
Mais tout cela n'a plus d'importance pour Adjabi ds lors qu'il est maintenant l'acadmie militaire Rostomia , section Arme de terre.

L'enfant de Guelma est le deuxime Algrien se prsenter pour une formation militaire la Rostomia.
Il y a t prcd , quelques annes plus tt , par un de ses amis , un certain Madi Turki qui , lui aussi , tait pass en coup de vent par l'acadmie militaire du Caire.
En 1953 , ils sont en tout treize maghrbins la Rostomia.
-Cinq marocains, dont Zemmouri Mohamed , El Guezzani et Boubekeur Abdessalam , envoys par Abdelkrim El Khettabi
-Cinq libyens envoys par le Roi Idriss
-Deux tunisiens, Chouchne Tayeb et Mohamed Zemmouri, condamns mort par les tribunaux franais et envoys par Salah Benyoucef
-l'Algrien Adjabi Abdelmadjid
Abdelmadjid effectue son instruction militaire sans problme notable. Il devait se souvenir plus tard de deux choses:
*l'inondation de la Rostomia par les eaux du Tigre ce qui ncessita l'vacuation de l'acadmie pour une priode d'un mois
* la crmonie de sortie de sa promotion.
Cette crmonie devait tre prside par le Gnral Omar , condamn mort pour avoir bombard et pntr Tel Aviv ( ! ! ) durant la toute premire guerre isalo- arabe (1948-1949) puis finalement grci par Noury Sad. Ce Gnral avait mis le souhait de voir les Maghrbins frais moulus de la Rostomia.
Voil qui n'est pas du got de Adjabi qui craint d'tre repr par les services de renseignements franais.

Il fait donc son possible pour viter de se prsenter devant la tribune officielle. Peine perdue car le jour o il se rend l'ambassade de France pour s'enqurir du devenir d'un mandat que lui adress son pre de Guelma l'ambassadeur a le malin plaisir de lui prsenter sa photo en tenue militaire irakienne.
Adjabi joue fond le rle du petit tudiant en droit , se dclare outr par les suppositions que l'on fait son sujet et va mme jusqu' affirmer qu'il existe des Adjabi en Irak , en Egypte , en Tunisie.
Ce soldat irakien me ressemble , certes, mais ce n'est pas moi !! fait-il au diplomate qui , ne sachant plus exactement quoi s'en tenir, prend attache avec le maire de Guelma, mne fond son enqute qui ne dbouche sur rien.L'ambassadeur reoit au contraire des informations qui lavent Adjabi de tout soupon .Aussi se voit-il contraint, non seulement de remettre les mandats au jeune tudiant en droit mais galement un billet d'avion Air France pour se rendre en Algrie et un visa de sortie d'Irak.
Adjabi quitte donc Baghdad.
Par un tour de passe passe qu' force de clandestinit on finit par apprendre, Adjabi change sa destination et atterrit Tunis en Septembre 1954. De l, il tlphone son pre, s'assure qu'il n'est pas fich Gelma et rentre au bercail . Il y reste le temps d'obtenir une aide financire de Monsieur le maire de Guelma, le maltais Zouzou Demek qui remettra un million de francs un enfant du pays qui va si loin pour tudier le Droit . Le temps d'obtenir aussi une cagnotte de un million et demi de francs que le papa remet l'enfant prodigue.
Et c'est le retour sur Tunis.Nous sommes la veille du premier Novembre 1954.
Adjabi prend juste le temps d'acheter quelques journaux.Il embarque pour Le Caire.
Nouvelle escale Tripoli.Nouvelle rencontre avecBen Bella.

C'est donc le premier Novembre 1954 que Adjabi dbarque au Caire en compagnie de Ben Bella.Les deux hommes se rendent directement au bureau du Maghreb arabe o est organise une confrence de presse anime par Khider.
Il y est fait lecture de la Dclaration du 1er Novembre apporte par Mohamed Boudiaf.
Participent cette confrence de presse, outre Ben Bella, Khider et Boudiaf : Amor Haddadi , Arfaoui Salah et , comme invit d'honneur, Cheikh el Bachir el Ibrahimi.
Ragissant en soldat, Adjabi demande rentrer au pays pour se battre.On lui demande de patienter et de s'occuper des relations avec la presse qui , l'exception du journal eth-thaoura , ne parle pas encore de la cause algrienne.
Il reste donc au Caire et le temps qu'il y passe lui permet de voir et d'entendre plein de choses.
C'est ainsi qu'un mois aprs l'historique confrence de presse il voit arriver dans la capitale gyptienne Hocine Lahouel et M'hammed Yazid, talonns de prs par Mezghenna et Ahmed Filali.
Il assiste, berlu, des disputes o les problmes d'argent sont un enjeu central comme dans les couples o rien ne va plus.
Il est donc heureux le jour o on lui prsente deux jeunes tudiants , originaires de Guelma, qui demandent s'entrainer au maniement des armes. L'un des deux hommes s'appelle Sedaria Hamid. Le deuxime postulant une formation militaire n'est autre que Mohamed Boukherrouba , le futur prsident Boumdine.

Adjabi attendra que se manifestent d'autres candidatures pour donner suite la demande de ces deux hommes . Ce sera chose faite lorsque Hamdadou deTebessa et Sebbagh de Ndroma auront mis le dsir de se former aux techniques du combat. Adjabi envoie le quatuor l'acadmie d'Hliopolis o ils seront encadrs par le capitaine Tod.
Les problmes d'argent continuent d'empoisonner les rapports au sein de la communaut .S'y ajoutent les difficults loger tout le monde.
C'est une situation qui dsole au plus haut point Adjabi .C'est pourquoi celui-ci attend avec impatience l'arrive au Caire de Mostefa Benboulaid avec qui il doit rentrer en Algrie.
Benboulad ne viendra pas au Caire. Il n'y viendra pas parcequ'il est arrt en libye ce qui porte un coup dur la Rvolution qui en est ses dbuts. Voil qui fausse du tout au tout le plan mis au point.
Qu' cela ne tienne. Adjabi Abdelmadjid rentrera quand mme en Algrie.
Du Caire il gagne Tripoli.
De l , il prend la tte d'une petite troupe de combattants prts tout , emmne avec lui un guide tunisien , Hadj Dhaou qui affirme connatre le dsert comme sa poche et c'est la grande aventure qui commence.
Ce sont des marches de seize heures par jour suivies de petites haltes pour la restauration et d'un sommeil de quelques heures o l'on reste sur le qui vive.
C'est tout un mois que dureront ces marches forces au bout desquelles le groupe , extnu , est pris dans une violente tempte de sable.
Adjabi et ses compagons s'enroulent dans des couvertures , tombent raides morts de fatigue et dorment.
Combien de temps restent-ils dans cette lthargie?Adjabi ne devait jamais s'en souvenir.

Lorsque les dormeurs se rveillent ils s'aperoivent qu'ils sont entours de nomades.On leur donne de quoi se sustenter, du beurre surtout.
Adjabi et ses compagnons reprennent la route.Voici El Guettar.Un hameau de quelques huttes en plein dsert au pied du Djebel Arbat. Ce Djebel , il faut maintenant le franchir car , derrire , c'est l'Algrie.
En avant donc! Et gare au faux pas qui ne pardonnera pas.
Aprs de multiples pripties , la montagne est son tour vaincue comme le fut le dsert.Ca y est !
Adjabi et sa troupe, puiss mais fiers , entrent en armes Bouchbka chez Athmane Labidi. A eux le maquis!!
La jonction avec l'ALN se fait chez les Ouled Hamida o le groupe prend -enfin! une semaine de vrai repos. On dort bien et pour ce qui est du manger on oublie les sardines en conserve et la semoule mlange au sable du dsert. On se permet de la viande de chvre et du Rekhsisseune galette au got divin.
Mais il est temps d'agir.
Au responsable de secteur Adjabi demande des hommes pour mener des actions militaires dans cette rgion des Nememchas l'objectif tant de desserrer l'tau de l'arme franaise sur les Aurs. Ils sont bientt 150 djounouds se mettre sous son commandement. Trois cents autres combattants lui sont adresss par Bachir Chihani.Maintenant il faut se battre.
Le 12 mai 1955, en plein mois de Ramadhan, Abdelmadjid Adjabi lance , partir de la ferme de Hadj Djedouani , une attaque contre les tirailleurs sngalais de Youks les Bains.
Il s'apprte lancer une autre attaque contre la garnison d'El Euch mais reoit un contre ordre Chihani.
Les questions militaires ne sont pas seules requrir l'attention de Adjabi ou Cheikh el Masri comme l'appellent les gens Chebka depuis son arrive dans la rgion. Il faut agir de manire avoir de son ct la population .Sans cela le combat est perdu d'avance.
L'une des premires mesures que prend Adjabi est d'annuler des sanctions htives dcides par l'ALN contre un certain nombre d'individus accuss tort de collusion avec l'ennemi. Mises l'preuve, les personnes en question s'avreront loyales vis vis de la Rvolution laquelle elles apporteront un soutien sans faille.

Dbut Juin 1955 Adjabi s'apprte se rendre Tunis .Il est charg d'une mission auprs d'un responsable du Parti socialiste destourien. Accompagn de Mohamed Benlabed de Tala et de quelques djounouds il prend la route. Le 7 du mois , 4 heures du matin , le groupe tombe dans une embuscade tendue par des goumiers. Adjabi est bless.
Il est pris et ligot. Il est emmen Bouchebka.
Un officier de l'arme franaise l'interroge longuement.Au bout de cet interrogatoire il lui propose de passer de l'autre ct de la barrire.
Si tu rejoins l'arme franaise, lui fait-il , tu auras le mme grade que moi.Tu seras capitaine.
Adjabi dcline l'offre, videmment. Il est alors livr la police qui le soumet la torture.
Chaque jour que Dieu fait Adjabi doit rsister physiquement et moralement aux atrocits que lui font subir ses bourreaux.
La chance veut pourtant que le prisonnier tombe entre les mains de Mohamed Ghrab , un inspecteur de police algrien qui travaille pour le FLN.
Ghrab alerte immdiatement Abbs Laghrour lequel son tour contacte Adjoul Adjoul qui , avec ses hommes arms jusqu'aux dents se prsente Tazoult o il demande voir le commandant de la place de Batna.
Il lui propose le march suivant :Librez Adjabi et je vous rends le lieutenant Perrin. Je suis prt mme vous remettre tous les Franais que nous dtenons prisonniers.

Le commandant de la place de Batna dit qu'il ne peut pas prendre de dcision et qu'il doit en rfrer Alger. Les coups de fils se succdent sans dsemparer entre Batna et Alger. Le rsultat des ngociations est ngatif. Le Gouverneur gnral fait savoir , partir d'Alger , qu'il refuse le march. L'ALN lui fait savoir, partir de Batna , ce qui suit : qu' cela ne tienne! Cependant, si vous vous aventurez toucher un cheveu de Adjabi tous les prisonniers franais passeront au poteau d'excution.
A compter de ce jour cessent , comme par enchantement , les interrogatoires et les tortures.On prend bien soin de Adjabi.Ce sont des mdecins algriens qui s'occupent de sa sant: les docteurs Amor Bendali et Mostefa. Le mdecin franais n'ose pas s'occuper de lui car il a peur , en cas de problme , d'avoir rpondre de la mort de soldats franais.
Commence alors pour Adjabi la vie de prisonnier faite d'attente , de grves de la faim, de transferts vers d'autre lieux de dtention , de tentatives d'vasion .
Le 11 juillet 1957 il passe devant le tribunal militaire qui le condamne 20 ans de prison. Il retourne au Coudiac de Constantine o il a t transfr la demande de ses avocats. Il y retrouve son compagnon de cellule , Yves Bresson , commissaire de police europen sympathisant de la cause algrienne qui il donne , tout hasard , quelques conseils pour se dfendre devant le tribunal.
Ces conseils seront suivis et Yves Bresson sera largi.
Le 4 Avril 1962 le portail de Lambse, son ultime lieu de squestration , s'ouvre devant Adjabi .Cheikh el masri est dsormais libre.

NB//
*Les lments de ce rcit sont tirs d'un entretien fleuve accord par Abdelmadjid Adjabi en 1997 au journal El Moudjahid
*Kabylienews remercie la nice du hros pour les photos
*Le village de Millsimo s'appelle maintenant Belkheir


Kaci ABDMEZIEM
kaciabdmeziem@yahoo.fr
    
 
ADJABI Abdelmadjid , lenfant fougueux de Guelma
    
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